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Langage... déplacé !
Pour une mission de travail, j’ai dû intégrer une réunion étrange où chaque ministère disposait d’un représentant louant les mérites de ses actions et rappelant à quel point le ministre en place se sent “impliqué” dès lors qu’une mesure concerne ces autres, dont nous disons à peu près tout et rien à la fois: ces pauvres, ces handicapés, ces immigrés, ces Français d’origine africaine et maghrébine1.
Autant le dire tout de suite, ces termes n’ont jamais été employés au cours de ce conseil. Et pour cause... Afin de rassurer l’opinion publique, les représentants de l’Etat renomment systématiquement chaque mot dans un langage différent qui, à terme, se répercute dans la société française avant même qu’elle n’ait le temps de réagir. A titre d’exemple, ces dernières années, les cités sensibles sont devenues subitement des “quartiers”. Pourtant, lorsque je regarde dans le dictionnaire, un quartier est “la partie d’une ville ayant sa physionomie propre et une certaine unité. Exemple : le quartier Latin à Paris”. Tout le monde conviendra qu’il y a plus dangereux sur Terre que le quartier Latin de la capitale.
Le même processus s’est engagé avec la création des fameuses “personnes issues de l’immigration”. Théoriquement, une personne issue de l’immigration pourrait ressembler à la plupart des Français qui ont tous ou presque une origine, au premier, deuxième ou troisième degré, qu’elle soit italienne, portugaise, algérienne, espagnole, russe, etc. Par ailleurs, la totalité du peuple américain ou encore notre président actuel sont issus de l’immigration. Or, et cela ressortait bien au cours de cette réunion, pour nos hommes politiques, le sens de ces termes est tout autre: il s’agit tout simplement des Français d’origine africaine et maghrébine, auxquels les hommes politiques ont jugé bon de trouver une appellation spéciale tout en affirmant en parallèle que ce sont des Français comme les autres.
Nous pourrions citer d’autres exemples, comme le feu “plan Marshall”2 de la banlieue, né dans la précipitation pendant les émeutes de 2005, aujourd’hui rebaptisé “plan Respect-Egalité des chances”. En effet, passée l’agitation, quelqu’un a dû suggérer que “plan Marshall”, lié à une thématique de guerre, résonne de façon trop négative dans les esprits. Il a donc dû chercher un nouveau nom, plus positif et, surtout, en accord avec les populations concernées par ce plan. Je n’ai malheureusement pas pu assister à ces débats des plus passionnants, mais j’imagine sans mal la teneur des propositions: peut-être qu’avant de statuer sur “Respect”, quelqu’un a soufflé un plan “Wesh Wesh”, une Réforme “Yo!” ou encore “Zy-va!”, histoire d’être en totale symbiose avec le public hypothétiquement visé et de témoigner, toujours via le langage, de sa proximité avec lui.
Au fil des années, les formulations évoluent, mais les situations demeurent identiques. En effet, les cités sensibles ne se sont pas brusquement métamorphosées en simples quartiers, un plan “Respect-Egalité des chances” ne sera pas plus efficace qu’un “plan Marshall”, et les Français d’origine maghrébine et africaine ne sont pas les seuls à être “issus de l’immigration”. Cependant, le plus naturellement du monde, ces termes au sens biaisé continuent de se fondre dans le langage commun. Nous assistons régulièrement à des protestations contre le langage SMS et autres anglicismes pervertissant la “langue de Molière”, mais il semblerait qu’à d’autres niveaux la déformation de celle-ci à des fins politiques ne dérange personne. Le mot est une arme. A travers lui, on peut donner l’illusion d’une amélioration pour mieux masquer l’incompétence, la stagnation et, même, la régression.
LZ
www.agoravox.fr
1Maghrébin(e) se réfère au Maghreb, region de l’ Afrique du Nord qui comprend le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.
2Plan américain élaboré pour aider la reconstruction de l’ Europe après la Deuxième Guerre mondiale.
les représentants de l’Etat renomment systématiquement chaque mot
D’après le texte, cette pratique des représentants de l’Etat a l’objectif de:
Provas
Langage... déplacé !
Pour une mission de travail, j’ai dû intégrer une réunion étrange où chaque ministère disposait d’un représentant louant les mérites de ses actions et rappelant à quel point le ministre en place se sent “impliqué” dès lors qu’une mesure concerne ces autres, dont nous disons à peu près tout et rien à la fois: ces pauvres, ces handicapés, ces immigrés, ces Français d’origine africaine et maghrébine1.
Autant le dire tout de suite, ces termes n’ont jamais été employés au cours de ce conseil. Et pour cause... Afin de rassurer l’opinion publique, les représentants de l’Etat renomment systématiquement chaque mot dans un langage différent qui, à terme, se répercute dans la société française avant même qu’elle n’ait le temps de réagir. A titre d’exemple, ces dernières années, les cités sensibles sont devenues subitement des “quartiers”. Pourtant, lorsque je regarde dans le dictionnaire, un quartier est “la partie d’une ville ayant sa physionomie propre et une certaine unité. Exemple : le quartier Latin à Paris”. Tout le monde conviendra qu’il y a plus dangereux sur Terre que le quartier Latin de la capitale.
Le même processus s’est engagé avec la création des fameuses “personnes issues de l’immigration”. Théoriquement, une personne issue de l’immigration pourrait ressembler à la plupart des Français qui ont tous ou presque une origine, au premier, deuxième ou troisième degré, qu’elle soit italienne, portugaise, algérienne, espagnole, russe, etc. Par ailleurs, la totalité du peuple américain ou encore notre président actuel sont issus de l’immigration. Or, et cela ressortait bien au cours de cette réunion, pour nos hommes politiques, le sens de ces termes est tout autre: il s’agit tout simplement des Français d’origine africaine et maghrébine, auxquels les hommes politiques ont jugé bon de trouver une appellation spéciale tout en affirmant en parallèle que ce sont des Français comme les autres.
Nous pourrions citer d’autres exemples, comme le feu “plan Marshall”2 de la banlieue, né dans la précipitation pendant les émeutes de 2005, aujourd’hui rebaptisé “plan Respect-Egalité des chances”. En effet, passée l’agitation, quelqu’un a dû suggérer que “plan Marshall”, lié à une thématique de guerre, résonne de façon trop négative dans les esprits. Il a donc dû chercher un nouveau nom, plus positif et, surtout, en accord avec les populations concernées par ce plan. Je n’ai malheureusement pas pu assister à ces débats des plus passionnants, mais j’imagine sans mal la teneur des propositions: peut-être qu’avant de statuer sur “Respect”, quelqu’un a soufflé un plan “Wesh Wesh”, une Réforme “Yo!” ou encore “Zy-va!”, histoire d’être en totale symbiose avec le public hypothétiquement visé et de témoigner, toujours via le langage, de sa proximité avec lui.
Au fil des années, les formulations évoluent, mais les situations demeurent identiques. En effet, les cités sensibles ne se sont pas brusquement métamorphosées en simples quartiers, un plan “Respect-Egalité des chances” ne sera pas plus efficace qu’un “plan Marshall”, et les Français d’origine maghrébine et africaine ne sont pas les seuls à être “issus de l’immigration”. Cependant, le plus naturellement du monde, ces termes au sens biaisé continuent de se fondre dans le langage commun. Nous assistons régulièrement à des protestations contre le langage SMS et autres anglicismes pervertissant la “langue de Molière”, mais il semblerait qu’à d’autres niveaux la déformation de celle-ci à des fins politiques ne dérange personne. Le mot est une arme. A travers lui, on peut donner l’illusion d’une amélioration pour mieux masquer l’incompétence, la stagnation et, même, la régression.
LZ
www.agoravox.fr
1Maghrébin(e) se réfère au Maghreb, region de l’ Afrique du Nord qui comprend le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.
2Plan américain élaboré pour aider la reconstruction de l’ Europe après la Deuxième Guerre mondiale.
Dans le troisième paragraphe, l’auteure montre son désaccord avec l’utilisation de l’expression “personnes issues de l’immigration”, puisque la plupart des Français ont une origine étrangère.
Pour soutenir son opinion, elle utilise la stratégie argumentative suivante:
Provas
Langage... déplacé !
Pour une mission de travail, j’ai dû intégrer une réunion étrange où chaque ministère disposait d’un représentant louant les mérites de ses actions et rappelant à quel point le ministre en place se sent “impliqué” dès lors qu’une mesure concerne ces autres, dont nous disons à peu près tout et rien à la fois: ces pauvres, ces handicapés, ces immigrés, ces Français d’origine africaine et maghrébine1.
Autant le dire tout de suite, ces termes n’ont jamais été employés au cours de ce conseil. Et pour cause... Afin de rassurer l’opinion publique, les représentants de l’Etat renomment systématiquement chaque mot dans un langage différent qui, à terme, se répercute dans la société française avant même qu’elle n’ait le temps de réagir. A titre d’exemple, ces dernières années, les cités sensibles sont devenues subitement des “quartiersA)”. Pourtant, lorsque je regarde dans le dictionnaire, un quartier est “la partie d’une ville ayant sa physionomie propre et une certaine unité. Exemple : le quartier Latin à Paris”. Tout le monde conviendra qu’il y a plus dangereux sur Terre que le quartier Latin de la capitale.
Le même processus s’est engagé avec la création des fameuses “personnes issues de l’immigration”. Théoriquement, une personne issue de l’immigration pourrait ressembler à la plupart des Français qui ont tous ou presque une origine, au premier, deuxième ou troisième degré, qu’elle soit italienne, portugaise, algérienne, espagnole, russe, etc. Par ailleurs, la totalité du peuple américain ou encore notre président actuel sont issus de l’immigration. Or, et cela ressortait bien au cours de cette réunion, pour nos hommes politiques, le sens de ces termes est tout autre: il s’agit tout simplement des Français d’origine africaine et maghrébine, auxquels les hommes politiques ont jugé bon de trouver une appellation spéciale tout en affirmant en parallèle que ce sont des Français comme les autres.
Nous pourrions citer d’autres exemples, comme le feu “plan Marshall”2 de la banlieue, né dans la précipitation pendant les émeutes de 2005, aujourd’hui rebaptisé “plan Respect-Egalité des chances”. En effet, passée l’agitation, quelqu’un a dû suggérer que “plan Marshall”, lié à une thématique de guerre, résonne de façon trop négative dans les esprits. Il a donc dû chercher un nouveau nom, plus positif et, surtout, en accord avec les populations concernées par ce plan. Je n’ai malheureusement pas pu assister à ces débats des plus passionnants, mais j’imagine sans mal la teneur des propositions: peut-être qu’avant de statuer sur “Respect”, quelqu’un a soufflé un plan “Wesh WeshC)”, une Réforme “Yo!” ou encore “Zy-va!”, histoire d’être en totale symbiose avec le public hypothétiquement visé et de témoigner, toujours via le langage, de sa proximité avec lui.
Au fil des années, les formulations évoluent, mais les situations demeurent identiques. En effet, les cités sensibles ne se sont pas brusquement métamorphosées en simples quartiers, un plan “Respect-Egalité des chances” ne sera pas plus efficace qu’un “plan MarshallB)”, et les Français d’origine maghrébine et africaine ne sont pas les seuls à être “issus de l’immigration”. Cependant, le plus naturellement du monde, ces termes au sens biaisé continuent de se fondre dans le langage commun. Nous assistons régulièrement à des protestations contre le langage SMS et autres anglicismes pervertissant la “langue de MolièreD)”, mais il semblerait qu’à d’autres niveaux la déformation de celle-ci à des fins politiques ne dérange personne. Le mot est une arme. A travers lui, on peut donner l’illusion d’une amélioration pour mieux masquer l’incompétence, la stagnation et, même, la régression.
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1Maghrébin(e) se réfère au Maghreb, region de l’ Afrique du Nord qui comprend le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.
2Plan américain élaboré pour aider la reconstruction de l’ Europe après la Deuxième Guerre mondiale.
Le texte traite l’usage inapproprié de certains mots. Cette inappropriation peut être montrée par l’ emploi de guillemets.
Un exemple de cet emploi de guillemets c’est:
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Autant le dire tout de suite, ces termes n’ont jamais été employés au cours de ce conseil. Et pour cause... Afin de rassurer l’opinion publique, les représentants de l’Etat renomment systématiquement chaque mot dans un langage différent qui, à terme, se répercute dans la société française avant même qu’elle n’ait le temps de réagir. A titre d’exemple, ces dernières années, les cités sensibles sont devenues subitement des “quartiers”. Pourtant, lorsque je regarde dans le dictionnaire, un quartier est “la partie d’une ville ayant sa physionomie propre et une certaine unité. Exemple : le quartier Latin à Paris”. Tout le monde conviendra qu’il y a plus dangereux sur Terre que le quartier Latin de la capitale.
Le même processus s’est engagé avec la création des fameuses “personnes issues de l’immigration”. Théoriquement, une personne issue de l’immigration pourrait ressembler à la plupart des Français qui ont tous ou presque une origine, au premier, deuxième ou troisième degré, qu’elle soit italienne, portugaise, algérienne, espagnole, russe, etc. Par ailleurs, la totalité du peuple américain ou encore notre président actuel sont issus de l’immigration. Or, et cela ressortait bien au cours de cette réunion, pour nos hommes politiques, le sens de ces termes est tout autre: il s’agit tout simplement des Français d’origine africaine et maghrébine, auxquels les hommes politiques ont jugé bon de trouver une appellation spéciale tout en affirmant en parallèle que ce sont des Français comme les autres.
Nous pourrions citer d’autres exemples, comme le feu “plan Marshall”2 de la banlieue, né dans la précipitation pendant les émeutes de 2005, aujourd’hui rebaptisé “plan Respect-Egalité des chances”. En effet, passée l’agitation, quelqu’un a dû suggérer que “plan Marshall”, lié à une thématique de guerre, résonne de façon trop négative dans les esprits. Il a donc dû chercher un nouveau nom, plus positif et, surtout, en accord avec les populations concernées par ce plan. Je n’ai malheureusement pas pu assister à ces débats des plus passionnants, mais j’imagine sans mal la teneur des propositions: peut-être qu’avant de statuer sur “Respect”, quelqu’un a soufflé un plan “Wesh Wesh”, une Réforme “Yo!” ou encore “Zy-va!”, histoire d’être en totale symbiose avec le public hypothétiquement visé et de témoigner, toujours via le langage, de sa proximité avec lui.
Au fil des années, les formulations évoluent, mais les situations demeurent identiques. En effet, les cités sensibles ne se sont pas brusquement métamorphosées en simples quartiers, un plan “Respect-Egalité des chances” ne sera pas plus efficace qu’un “plan Marshall”, et les Français d’origine maghrébine et africaine ne sont pas les seuls à être “issus de l’immigration”. Cependant, le plus naturellement du monde, ces termes au sens biaisé continuent de se fondre dans le langage commun. Nous assistons régulièrement à des protestations contre le langage SMS et autres anglicismes pervertissant la “langue de Molière”, mais il semblerait qu’à d’autres niveaux la déformation de celle-ci à des fins politiques ne dérange personne. Le mot est une arme. A travers lui, on peut donner l’illusion d’une amélioration pour mieux masquer l’incompétence, la stagnation et, même, la régression.
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1Maghrébin(e) se réfère au Maghreb, region de l’ Afrique du Nord qui comprend le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.
2Plan américain élaboré pour aider la reconstruction de l’ Europe après la Deuxième Guerre mondiale.
le ministre en place se sent “impliqué” dès lors qu’une mesure concerne ces autres,
L’expression soulignée peut être remplacée, sans changement de sens, par:
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Pour une mission de travail, j’ai dû intégrer une réunion étrangeA) où chaque ministère disposait d’un représentant louant les mérites de ses actions et rappelant à quel point le ministre en place se sent “impliqué” dès lors qu’une mesure concerne ces autres, dont nous disons à peu près tout et rien à la fois: ces pauvres, ces handicapés, ces immigrés, ces Français d’origine africaine et maghrébine1.
Autant le dire tout de suite, ces termes n’ont jamais été employés au cours de ce conseil. Et pour cause... Afin de rassurer l’opinion publique, les représentants de l’Etat renomment systématiquement chaque mot dans un langage différent qui, à terme, se répercute dans la société française avant même qu’elle n’ait le temps de réagir. A titre d’exemple, ces dernières années, les cités sensibles sont devenues subitement des “quartiers”. Pourtant, lorsque je regarde dans le dictionnaire, un quartier est “la partie d’une ville ayant sa physionomie propre et une certaine unité. Exemple : le quartier Latin à Paris”. Tout le monde conviendra qu’il y a plus dangereux sur Terre que le quartier Latin de la capitale.
Le même processus s’est engagé avec la création des fameuses “personnes issues de l’immigration”. Théoriquement, une personne issue de l’immigration pourrait ressembler à la plupart des Français qui ont tous ou presque une origine, au premier, deuxième ou troisième degré, qu’elle soit italienne, portugaise, algérienne, espagnole, russe, etc. Par ailleurs, la totalité du peuple américain ou encore notre président actuel sont issus de l’immigration. Or, et cela ressortait bien au cours de cette réunion, pour nos hommes politiques, le sens de ces termes est tout autre: il s’agit tout simplement des Français d’origine africaine et maghrébine, auxquels les hommes politiques ont jugé bon de trouver une appellation spéciale tout en affirmant en parallèle que ce sont des Français comme les autres.
Nous pourrions citer d’autres exemples, comme le feu “plan Marshall”2 de la banlieue,B) né dans la précipitation pendant les émeutes de 2005, aujourd’hui rebaptisé “plan Respect-Egalité des chances”. En effet, passée l’agitation, quelqu’un a dû suggérer que “plan Marshall”, lié à une thématique de guerre, résonne de façon trop négative dans les esprits. Il a donc dû chercher un nouveau nom, plus positif et, surtout, en accord avec les populations concernées par ce plan. Je n’ai malheureusement pas pu assister à ces débats des plus passionnants,C) mais j’imagine sans mal la teneur des propositions: peut-être qu’avant de statuer sur “Respect”, quelqu’un a soufflé un plan “Wesh Wesh”, une Réforme “Yo!” ou encore “Zy-va!”, histoire d’être en totale symbiose avec le public hypothétiquement visé et de témoigner, toujours via le langage, de sa proximité avec lui.
Au fil des années, les formulations évoluent, mais les situations demeurent identiques. En effet, les cités sensibles ne se sont pas brusquement métamorphosées en simples quartiers, un plan “Respect-Egalité des chances” ne sera pas plus efficace qu’un “plan Marshall”, et les Français d’origine maghrébine et africaine ne sont pas les seuls à être “issus de l’immigration”. Cependant, le plus naturellement du monde, ces termes au sens biaisé continuent de se fondre dans le langage commun. Nous assistons régulièrement à des protestations contre le langage SMSD) et autres anglicismes pervertissant la “langue de Molière”, mais il semblerait qu’à d’autres niveaux la déformation de celle-ci à des fins politiques ne dérange personne. Le mot est une arme. A travers lui, on peut donner l’illusion d’une amélioration pour mieux masquer l’incompétence, la stagnation et, même, la régression.
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1Maghrébin(e) se réfère au Maghreb, region de l’ Afrique du Nord qui comprend le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.
2Plan américain élaboré pour aider la reconstruction de l’ Europe après la Deuxième Guerre mondiale.
L’ironie − une manière de se moquer en disant le contraire de ce qu’on veut faire entendre − est un procédé utilisé par l’auteure pour exprimer ses opinions.
On peut identifier ce procédé dans:
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Pour une mission de travail, j’ai dû intégrer une réunion étrange où chaque ministère disposait d’un représentant louant les mérites de ses actions et rappelant à quel point le ministre en place se sent “impliqué” dès lors qu’une mesure concerne ces autres, dont nous disons à peu près tout et rien à la fois: ces pauvres, ces handicapés, ces immigrés, ces Français d’origine africaine et maghrébine1.
Autant le dire tout de suite, ces termes n’ont jamais été employés au cours de ce conseil. Et pour cause... Afin de rassurer l’opinion publique, les représentants de l’Etat renomment systématiquement chaque mot dans un langage différent qui, à terme, se répercute dans la société française avant même qu’elle n’ait le temps de réagir. A titre d’exemple, ces dernières années, les cités sensibles sont devenues subitement des “quartiers”. Pourtant, lorsque je regarde dans le dictionnaire, un quartier est “la partie d’une ville ayant sa physionomie propre et une certaine unité. Exemple : le quartier Latin à Paris”. Tout le monde conviendra qu’il y a plus dangereux sur Terre que le quartier Latin de la capitale.
Le même processus s’est engagé avec la création des fameuses “personnes issues de l’immigration”. Théoriquement, une personne issue de l’immigration pourrait ressembler à la plupart des Français qui ont tous ou presque une origine, au premier, deuxième ou troisième degré, qu’elle soit italienne, portugaise, algérienne, espagnole, russe, etc. Par ailleurs, la totalité du peuple américain ou encore notre président actuel sont issus de l’immigration. Or, et cela ressortait bien au cours de cette réunion, pour nos hommes politiques, le sens de ces termes est tout autre: il s’agit tout simplement des Français d’origine africaine et maghrébine, auxquels les hommes politiques ont jugé bon de trouver une appellation spéciale tout en affirmant en parallèle que ce sont des Français comme les autres.
Nous pourrions citer d’autres exemples, comme le feu “plan Marshall”2 de la banlieue, né dans la précipitation pendant les émeutes de 2005, aujourd’hui rebaptisé “plan Respect-Egalité des chances”. En effet, passée l’agitation, quelqu’un a dû suggérer que “plan Marshall”, lié à une thématique de guerre, résonne de façon trop négative dans les esprits. Il a donc dû chercher un nouveau nom, plus positif et, surtout, en accord avec les populations concernées par ce plan. Je n’ai malheureusement pas pu assister à ces débats des plus passionnants, mais j’imagine sans mal la teneur des propositions: peut-être qu’avant de statuer sur “Respect”, quelqu’un a soufflé un plan “Wesh Wesh”, une Réforme “Yo!” ou encore “Zy-va!”, histoire d’être en totale symbiose avec le public hypothétiquement visé et de témoigner, toujours via le langage, de sa proximité avec lui.
Au fil des années, les formulations évoluent, mais les situations demeurent identiques. En effet, les cités sensibles ne se sont pas brusquement métamorphosées en simples quartiers, un plan “Respect-Egalité des chances” ne sera pas plus efficace qu’un “plan Marshall”, et les Français d’origine maghrébine et africaine ne sont pas les seuls à être “issus de l’immigration”. Cependant, le plus naturellement du monde, ces termes au sens biaisé continuent de se fondre dans le langage commun. Nous assistons régulièrement à des protestations contre le langage SMS et autres anglicismes pervertissant la “langue de Molière”, mais il semblerait qu’à d’autres niveaux la déformation de celle-ci à des fins politiques ne dérange personne. Le mot est une arme. A travers lui, on peut donner l’illusion d’une amélioration pour mieux masquer l’incompétence, la stagnation et, même, la régression.
LZ
www.agoravox.fr
1Maghrébin(e) se réfère au Maghreb, region de l’ Afrique du Nord qui comprend le Maroc, l’Algérie et la Tunisie.
2Plan américain élaboré pour aider la reconstruction de l’ Europe après la Deuxième Guerre mondiale.
histoire d’être en totale symbiose avec le public hypothétiquement visé
L’expression soulignée sert à indiquer l’idée de:
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Coco Chanel, biographie d’une icône
Travail, âpreté, rigueur, extravagance, indépendance. Cinq mots, c’est peu pour parler d’une vie entière,A) mais ceux-là résument bien ce qui ressort de la personnalité de Coco Chanel. Le cliché de l’orpheline abandonnée par son père est gros comme un camion, mais la mode n’a pas fini de remercier Albert ChanelB) d’être parti faire fortune aux Etats-Unis, laissant derrière lui cinq enfants, dont Gabrielle Chanel, qui deviendra celle qu’on sait. Son adolescence est celle d’une fille placée en orphelinat, puis apprentie couseuse à ses 18 ans. Consciente de son talent, Gabrielle refuse d’imaginer qu’elle passera sa vie à confectionner des draps et de la layette. Son avenir sera ailleurs. Elle s’imagine chanteuse au music-hall, s’y essaie, reçoit le soutien d’une bande de jeunes et riches admirateurs, qui lui attribueront son pseudonyme, “Coco”. Parmi eux, Etienne Balsan, qui deviendra son ami, son amant pour un temps, et son protecteur pour toujours.
Mademoiselle s’emporte quand elle voit les femmes engoncées dans leurs corsets, emplumées jusqu’au moindre recoin. Par provocation et parce qu’elle est visionnaire, celle qui crée déjà des chapeaux pour ses amies intimes se montre en public portant des jodhpurs* et tailleurs aux coupes très masculines, autant de tenues libératrices pour le corps de la femme. Elle propose une nouvelle vision de la mode et ouvre en 1910 sa première boutique au mythique numéro 21 de la rue Cambon à Pari. A ses côtés, Boy Capell, un jeune aristocrate anglais qui sera son seul véritable amour. Il l’encourage à ouvrir une deuxième boutique à Deauville, puis une troisième à Biarritz.
La première guerre mondiale contribuera à faire avancer les créations de Coco Chanel. Privée de tissu, elle rachètera tout un stock de jersey qui sert à confectionner les maillots de corps des soldats. Les femmes de hauts dignitaires sont intriguées puis séduites, et les boutiques de Paris, de Deauville et de Biarritz ne désemplissent pas. L’entre-deux-guerres asseoit la notoriété de la griffe Chanel. Coco crée en s’inspirant de ses amants et donne naissance à la mythique petite robe noire, au chapeau cloche, le tout sur fond de Charleston et dans une brume de N°5, alors commercialisé par la marque Bourjois.
La seconde guerre mondiale mettra entre parenthèses l’histoire de Coco Chanel, puisqu’à l’aube des années 40 elle décide brutalement de tout arrêter et de licencier tout son personnel. Au sortir de la guerre, elle s’installera en Suisse, d’où elle ne reviendra que sur l’insistance de ses associés, qui comptent relancer les ventes de parfum de la marque.
La première collection après guerre de Coco Chanel n’a pas de succès. Depuis ses heures de gloire, les jupes se sont raccourcies avec Courrèges, Christian Lacroix a réenfermé la femme dans des corsets. Coco s’emporte: “Mademoiselle ne montera pas la jupe au-dessus du genou, car le genou, c’est laidC)”. Il faudra une autre collection avant que l’icône ne signe son dernier coup d’éclatD), le mythique tailleur à quatre poches qui habillera Jackie Kennedy, Romy Schneider ou Jeanne Moreau. Mais les années 60, les hippies en tunique auront la peau de l’icône. Coco Chanel, née Gabrielle Bonheur Chanel en 1883, meurt à 87 ans, dans la chambre du Ritz qu’elle occupe depuis quinze ans.
Mademoiselle So www.madmoizelle.com
*jodhpurs - calças compridas usadas em equitação
Les connecteurs sont des mots ou des expressions qui relient les parties de la phrase en construisant des rapports logiques.
Par provocation et parce qu’elle est visionnaire,
La même relation logique établie par le connecteur souligné est présente dans le morceau suivant:
Provas
Coco Chanel, biographie d’une icône
Travail, âpreté, rigueur, extravagance, indépendance. Cinq mots, c’est peu pour parler d’une vie entière, mais ceux-là résument bien ce qui ressort de la personnalité de Coco Chanel. Le cliché de l’orpheline abandonnée par son père est gros comme un camion, mais la mode n’a pas fini de remercier Albert Chanel d’être parti faire fortune aux Etats-Unis, laissant derrière lui cinq enfants, dont Gabrielle Chanel, qui deviendra celle qu’on sait. Son adolescence est celle d’une fille placée en orphelinat, puis apprentie couseuse à ses 18 ans. Consciente de son talent, Gabrielle refuse d’imaginer qu’elle passera sa vie à confectionner des draps et de la layette. Son avenir sera ailleurs. Elle s’imagine chanteuse au music-hall, s’y essaie, reçoit le soutien d’une bande de jeunes et riches admirateurs, qui lui attribueront son pseudonyme, “Coco”. Parmi eux, Etienne Balsan, qui deviendra son ami, son amant pour un temps, et son protecteur pour toujours.
Mademoiselle s’emporte quand elle voit les femmes engoncées dans leurs corsets, emplumées jusqu’au moindre recoin. Par provocation et parce qu’elle est visionnaire, celle qui crée déjà des chapeaux pour ses amies intimes se montre en public portant des jodhpurs* et tailleurs aux coupes très masculines, autant de tenues libératrices pour le corps de la femme. Elle propose une nouvelle vision de la mode et ouvre en 1910 sa première boutique au mythique numéro 21 de la rue Cambon à Pari. A ses côtés, Boy Capell, un jeune aristocrate anglais qui sera son seul véritable amour. Il l’encourage à ouvrir une deuxième boutique à Deauville, puis une troisième à Biarritz.
La première guerre mondiale contribuera à faire avancer les créations de Coco Chanel. Privée de tissu, elle rachètera tout un stock de jersey qui sert à confectionner les maillots de corps des soldats. Les femmes de hauts dignitaires sont intriguées puis séduites, et les boutiques de Paris, de Deauville et de Biarritz ne désemplissent pas. L’entre-deux-guerres asseoit la notoriété de la griffe Chanel. Coco crée en s’inspirant de ses amants et donne naissance à la mythique petite robe noire, au chapeau cloche, le tout sur fond de Charleston et dans une brume de N°5, alors commercialisé par la marque Bourjois.
La seconde guerre mondiale mettra entre parenthèses l’histoire de Coco Chanel, puisqu’à l’aube des années 40 elle décide brutalement de tout arrêter et de licencier tout son personnel. Au sortir de la guerre, elle s’installera en Suisse, d’où elle ne reviendra que sur l’insistance de ses associés, qui comptent relancer les ventes de parfum de la marque.
La première collection après guerre de Coco Chanel n’a pas de succès. Depuis ses heures de gloire, les jupes se sont raccourcies avec Courrèges, Christian Lacroix a réenfermé la femme dans des corsets. Coco s’emporte: “Mademoiselle ne montera pas la jupe au-dessus du genou, car le genou, c’est laid”. Il faudra une autre collection avant que l’icône ne signe son dernier coup d’éclat, le mythique tailleur à quatre poches qui habillera Jackie Kennedy, Romy Schneider ou Jeanne Moreau. Mais les années 60, les hippies en tunique auront la peau de l’icône. Coco Chanel, née Gabrielle Bonheur Chanel en 1883, meurt à 87 ans, dans la chambre du Ritz qu’elle occupe depuis quinze ans.
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*jodhpurs - calças compridas usadas em equitação
qu’elle passera sa vie à confectionner des draps
Dans cette phrase, le mot souligné a comme référent “Coco Chanel”.
L’extrait où le pronom souligné a le même référent c’est:
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Coco Chanel, biographie d’une icône
Travail, âpreté, rigueur, extravagance, indépendance. Cinq mots, c’est peu pour parler d’une vie entière, mais ceux-là résument bien ce qui ressort de la personnalité de Coco Chanel. Le cliché de l’orpheline abandonnée par son père est gros comme un camion, mais la mode n’a pas fini de remercier Albert Chanel d’être parti faire fortune aux Etats-Unis, laissant derrière lui cinq enfants, dont Gabrielle Chanel, qui deviendra celle qu’on sait. Son adolescence est celle d’une fille placée en orphelinat, puis apprentie couseuse à ses 18 ans. Consciente de son talent, Gabrielle refuse d’imaginer qu’elle passera sa vie à confectionner des draps et de la layette. Son avenir sera ailleurs.A) Elle s’imagine chanteuse au music-hall, s’y essaie, reçoit le soutien d’une bande de jeunes et riches admirateurs, qui lui attribueront son pseudonyme, “Coco”. Parmi eux, Etienne Balsan, qui deviendra son ami, son amant pour un temps, et son protecteur pour toujours.
Mademoiselle s’emporte quand elle voit les femmes engoncées dans leurs corsets, emplumées jusqu’au moindre recoin.B) Par provocation et parce qu’elle est visionnaire, celle qui crée déjà des chapeaux pour ses amies intimes se montre en public portant des jodhpurs* et tailleurs aux coupes très masculines, autant de tenues libératrices pour le corps de la femme. Elle propose une nouvelle vision de la mode et ouvre en 1910 sa première boutique au mythique numéro 21 de la rue Cambon à Pari.C) A ses côtés, Boy Capell, un jeune aristocrate anglais qui sera son seul véritable amour. Il l’encourage à ouvrir une deuxième boutique à Deauville, puis une troisième à Biarritz.
La première guerre mondiale contribuera à faire avancer les créations de Coco Chanel. Privée de tissu, elle rachètera tout un stock de jersey qui sert à confectionner les maillots de corps des soldats. Les femmes de hauts dignitaires sont intriguées puis séduites, et les boutiques de Paris, de Deauville et de Biarritz ne désemplissent pas. L’entre-deux-guerres asseoit la notoriété de la griffe Chanel. Coco crée en s’inspirant de ses amants et donne naissance à la mythique petite robe noire, au chapeau cloche, le tout sur fond de Charleston et dans une brume de N°5, alors commercialisé par la marque Bourjois.
La seconde guerre mondiale mettra entre parenthèses l’histoire de Coco Chanel,D) puisqu’à l’aube des années 40 elle décide brutalement de tout arrêter et de licencier tout son personnel. Au sortir de la guerre, elle s’installera en Suisse, d’où elle ne reviendra que sur l’insistance de ses associés, qui comptent relancer les ventes de parfum de la marque.
La première collection après guerre de Coco Chanel n’a pas de succès. Depuis ses heures de gloire, les jupes se sont raccourcies avec Courrèges, Christian Lacroix a réenfermé la femme dans des corsets. Coco s’emporte: “Mademoiselle ne montera pas la jupe au-dessus du genou, car le genou, c’est laid”. Il faudra une autre collection avant que l’icône ne signe son dernier coup d’éclat, le mythique tailleur à quatre poches qui habillera Jackie Kennedy, Romy Schneider ou Jeanne Moreau. Mais les années 60, les hippies en tunique auront la peau de l’icône. Coco Chanel, née Gabrielle Bonheur Chanel en 1883, meurt à 87 ans, dans la chambre du Ritz qu’elle occupe depuis quinze ans.
Mademoiselle So www.madmoizelle.com
*jodhpurs - calças compridas usadas em equitação
La métaphore est une figure de langage qui consiste à donner par analogie à un mot ou à une expression un sens qu’on attribue à un autre mot.
On peut trouver une expression métaphorique dans:
Provas
Coco Chanel, biographie d’une icône
Travail, âpreté, rigueur, extravagance, indépendance. Cinq mots, c’est peu pour parler d’une vie entière, mais ceux-là résument bien ce qui ressort de la personnalité de Coco Chanel. Le cliché de l’orpheline abandonnée par son père est gros comme un camion, mais la mode n’a pas fini de remercier Albert Chanel d’être parti faire fortune aux Etats-Unis, laissant derrière lui cinq enfants, dont Gabrielle Chanel, qui deviendra celle qu’on sait. Son adolescence est celle d’une fille placée en orphelinat, puis apprentie couseuse à ses 18 ans. Consciente de son talent, Gabrielle refuse d’imaginer qu’elle passera sa vie à confectionner des draps et de la layette. Son avenir sera ailleurs. Elle s’imagine chanteuse au music-hall, s’y essaie, reçoit le soutien d’une bande de jeunes et riches admirateurs, qui lui attribueront son pseudonyme, “Coco”. Parmi eux, Etienne Balsan, qui deviendra son ami, son amant pour un temps, et son protecteur pour toujours.
Mademoiselle s’emporte quand elle voit les femmes engoncées dans leurs corsets, emplumées jusqu’au moindre recoin. Par provocation et parce qu’elle est visionnaire, celle qui crée déjà des chapeaux pour ses amies intimes se montre en public portant des jodhpurs* et tailleurs aux coupes très masculines, autant de tenues libératrices pour le corps de la femme. Elle propose une nouvelle vision de la mode et ouvre en 1910 sa première boutique au mythique numéro 21 de la rue Cambon à Paris. A ses côtés, Boy Capell, un jeune aristocrate anglais qui sera son seul véritable amour. Il l’encourage à ouvrir une deuxième boutique à Deauville, puis une troisième à Biarritz.
La première guerre mondiale contribuera à faire avancer les créations de Coco Chanel. Privée de tissu, elle rachètera tout un stock de jersey qui sert à confectionner les maillots de corps des soldats. Les femmes de hauts dignitaires sont intriguées puis séduites, et les boutiques de Paris, de Deauville et de Biarritz ne désemplissent pas. L’entre-deux-guerres asseoit la notoriété de la griffe Chanel. Coco crée en s’inspirant de ses amants et donne naissance à la mythique petite robe noire, au chapeau cloche, le tout sur fond de Charleston et dans une brume de N°5, alors commercialisé par la marque Bourjois.
La seconde guerre mondiale mettra entre parenthèses l’histoire de Coco Chanel, puisqu’à l’aube des années 40 elle décide brutalement de tout arrêter et de licencier tout son personnel. Au sortir de la guerre, elle s’installera en Suisse, d’où elle ne reviendra que sur l’insistance de ses associés, qui comptent relancer les ventes de parfum de la marque.
La première collection après guerre de Coco Chanel n’a pas de succès. Depuis ses heures de gloire, les jupes se sont raccourcies avec Courrèges, Christian Lacroix a réenfermé la femme dans des corsets. Coco s’emporte: “Mademoiselle ne montera pas la jupe au-dessus du genou, car le genou, c’est laid”. Il faudra une autre collection avant que l’icône ne signe son dernier coup d’éclat, le mythique tailleur à quatre poches qui habillera Jackie Kennedy, Romy Schneider ou Jeanne Moreau. Mais les années 60, les hippies en tunique auront la peau de l’icône. Coco Chanel, née Gabrielle Bonheur Chanel en 1883, meurt à 87 ans, dans la chambre du Ritz qu’elle occupe depuis quinze ans.
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Le cliché de l’orpheline abandonnée par son père est gros comme un camion ,
Dans la phrase ci-dessus, l’expression soulignée exprime l’idée de:
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