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Après s’être défiés pendant un demi-siècle, Washington et La Havane ont annoncé mercredi 17 décembre 2014, dans un geste historique, leur volonté de normaliser leurs relations.
Barack Obama effectuera-t-il une visite à Cuba avant de quitter la Maison Blanche, en janvier 2017 ? Interrogé sur ce point sur ABC, mercredi 17 décembre, après l’annonce historique d’une normalisation entre les deux pays, le président des Etats-Unis ne l’a pas exclue tout en avouant que rien n’était prévu pour l’instant. « Voyons comment les choses vont évoluer », a-t-il ajouté prudemment. S’il se concrétise un jour, un tel déplacement, qui serait le premier depuis 1959, signifiera que M. Obama aura gagné le pari audacieux pris devant les Américains.
Car c’est bien un pari qu’a fait le président Obama en décidant de classer un dossier vieux de plus de cinq décennies qui apparaissait pour beaucoup, et depuis longtemps, comme anachronique. Cette prise de risque, de la part d’un président souvent critiqué pour son attentisme, ne survient pas par hasard. M. Obama, comme paradoxalement libéré depuis la défaite cinglante essuyée aux élections de mi-mandat, le 4 novembre 2014, a tranché sur Cuba comme il l’a fait le 20 novembre en annonçant des mesures de régularisation pour les immigrés clandestins après six années d’immobilisme.
Alors que la voie est désormais dégagée de toute échéance électorale jusqu’à son départ de la Maison Blanche, le président a eu le courage de reconnaître publiquement que la politique suivie depuis plus d’un demi-siècle par les Etats-Unis à l’égard du régime cubain, « l’isolement », n’avait pas porté ses fruits (« Cuba est toujours dirigé par les Castro et le Parti communiste arrivé au pouvoir il y a un demi-siècle ») et que le temps était venu « d’une nouvelle approche ». « Todos somos americanos » (« Nous sommes tous des Américains »), a lancé en espagnol M. Obama aux Cubains, renouant avec les accents de démiurge qui avaient marqué ses premiers mois à la Maison Blanche et qu’un sentiment de fatalisme face aux désordres du monde avait par la suite étouffés.
Gilles Paris. Le Monde. Le 18 déc. 2014. Internet: <www.lemonde.fr> (texte avec adaptations).
Le pluriel du participe passé « étouffés » fait l’accord de nómbre avec
« ... un sentiment de fatalisme ».
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Après s’être défiés pendant un demi-siècle, Washington et La Havane ont annoncé mercredi 17 décembre 2014, dans un geste historique, leur volonté de normaliser leurs relations.
Barack Obama effectuera-t-il une visite à Cuba avant de quitter la Maison Blanche, en janvier 2017 ? Interrogé sur ce point sur ABC, mercredi 17 décembre, après l’annonce historique d’une normalisation entre les deux pays, le président des Etats-Unis ne l’a pas exclue tout en avouant que rien n’était prévu pour l’instant. « Voyons comment les choses vont évoluer », a-t-il ajouté prudemment. S’il se concrétise un jour, un tel déplacement, qui serait le premier depuis 1959, signifiera que M. Obama aura gagné le pari audacieux pris devant les Américains.
Car c’est bien un pari qu’a fait le président Obama en décidant de classer un dossier vieux de plus de cinq décennies qui apparaissait pour beaucoup, et depuis longtemps, comme anachronique. Cette prise de risque, de la part d’un président souvent critiqué pour son attentisme, ne survient pas par hasard. M. Obama, comme paradoxalement libéré depuis la défaite cinglante essuyée aux élections de mi-mandat, le 4 novembre 2014, a tranché sur Cuba comme il l’a fait le 20 novembre en annonçant des mesures de régularisation pour les immigrés clandestins après six années d’immobilisme.
Alors que la voie est désormais dégagée de toute échéance électorale jusqu’à son départ de la Maison Blanche, le président a eu le courage de reconnaître publiquement que la politique suivie depuis plus d’un demi-siècle par les Etats-Unis à l’égard du régime cubain, « l’isolement », n’avait pas porté ses fruits (« Cuba est toujours dirigé par les Castro et le Parti communiste arrivé au pouvoir il y a un demi-siècle ») et que le temps était venu « d’une nouvelle approche ». « Todos somos americanos » (« Nous sommes tous des Américains »), a lancé en espagnol M. Obama aux Cubains, renouant avec les accents de démiurge qui avaient marqué ses premiers mois à la Maison Blanche et qu’un sentiment de fatalisme face aux désordres du monde avait par la suite étouffés.
Gilles Paris. Le Monde. Le 18 déc. 2014. Internet: <www.lemonde.fr> (texte avec adaptations).
Le pluriel du participe passé « étouffés » fait l’accord de nómbre avec
« ses premiers mois à la Maison Blanche ».
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Barack Obama effectuera-t-il une visite à Cuba avant de quitter la Maison Blanche, en janvier 2017 ? Interrogé sur ce point sur ABC, mercredi 17 décembre, après l’annonce historique d’une normalisation entre les deux pays, le président des Etats-Unis ne l’a pas exclue tout en avouant que rien n’était prévu pour l’instant. « Voyons comment les choses vont évoluer », a-t-il ajouté prudemment. S’il se concrétise un jour, un tel déplacement, qui serait le premier depuis 1959, signifiera que M. Obama aura gagné le pari audacieux pris devant les Américains.
Car c’est bien un pari qu’a fait le président Obama en décidant de classer un dossier vieux de plus de cinq décennies qui apparaissait pour beaucoup, et depuis longtemps, comme anachronique. Cette prise de risque, de la part d’un président souvent critiqué pour son attentisme, ne survient pas par hasard. M. Obama, comme paradoxalement libéré depuis la défaite cinglante essuyée aux élections de mi-mandat, le 4 novembre 2014, a tranché sur Cuba comme il l’a fait le 20 novembre en annonçant des mesures de régularisation pour les immigrés clandestins après six années d’immobilisme.
Alors que la voie est désormais dégagée de toute échéance électorale jusqu’à son départ de la Maison Blanche, le président a eu le courage de reconnaître publiquement que la politique suivie depuis plus d’un demi-siècle par les Etats-Unis à l’égard du régime cubain, « l’isolement », n’avait pas porté ses fruits (« Cuba est toujours dirigé par les Castro et le Parti communiste arrivé au pouvoir il y a un demi-siècle ») et que le temps était venu « d’une nouvelle approche ». « Todos somos americanos » (« Nous sommes tous des Américains »), a lancé en espagnol M. Obama aux Cubains, renouant avec les accents de démiurge qui avaient marqué ses premiers mois à la Maison Blanche et qu’un sentiment de fatalisme face aux désordres du monde avait par la suite étouffés.
Gilles Paris. Le Monde. Le 18 déc. 2014. Internet: <www.lemonde.fr> (texte avec adaptations).
Le pluriel du participe passé « étouffés » fait l’accord de nómbre avec
« les accents de démiurge ».
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Après s’être défiés pendant un demi-siècle, Washington et La Havane ont annoncé mercredi 17 décembre 2014, dans un geste historique, leur volonté de normaliser leurs relations.
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Car c’est bien un pari qu’a fait le président Obama en décidant de classer un dossier vieux de plus de cinq décennies qui apparaissait pour beaucoup, et depuis longtemps, comme anachronique. Cette prise de risque, de la part d’un président souvent critiqué pour son attentisme, ne survient pas par hasard. M. Obama, comme paradoxalement libéré depuis la défaite cinglante essuyée aux élections de mi-mandat, le 4 novembre 2014, a tranché sur Cuba comme il l’a fait le 20 novembre en annonçant des mesures de régularisation pour les immigrés clandestins après six années d’immobilisme.
Alors que la voie est désormais dégagée de toute échéance électorale jusqu’à son départ de la Maison Blanche, le président a eu le courage de reconnaître publiquement que la politique suivie depuis plus d’un demi-siècle par les Etats-Unis à l’égard du régime cubain, « l’isolement », n’avait pas porté ses fruits (« Cuba est toujours dirigé par les Castro et le Parti communiste arrivé au pouvoir il y a un demi-siècle ») et que le temps était venu « d’une nouvelle approche ». « Todos somos americanos » (« Nous sommes tous des Américains »), a lancé en espagnol M. Obama aux Cubains, renouant avec les accents de démiurge qui avaient marqué ses premiers mois à la Maison Blanche et qu’un sentiment de fatalisme face aux désordres du monde avait par la suite étouffés.
Gilles Paris. Le Monde. Le 18 déc. 2014. Internet: <www.lemonde.fr> (texte avec adaptations).
Le pluriel du participe passé « étouffés » fait l’accord de nómbre avec
« ... désordres du monde ».
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Après s’être défiés pendant un demi-siècle, Washington et La Havane ont annoncé mercredi 17 décembre 2014, dans un geste historique, leur volonté de normaliser leurs relations.
Barack Obama effectuera-t-il une visite à Cuba avant de quitter la Maison Blanche, en janvier 2017 ? Interrogé sur ce point sur ABC, mercredi 17 décembre, après l’annonce historique d’une normalisation entre les deux pays, le président des Etats-Unis ne l’a pas exclue tout en avouant que rien n’était prévu pour l’instant. « Voyons comment les choses vont évoluer », a-t-il ajouté prudemment. S’il se concrétise un jour, un tel déplacement, qui serait le premier depuis 1959, signifiera que M. Obama aura gagné le pari audacieux pris devant les Américains.
Car c’est bien un pari qu’a fait le président Obama en décidant de classer un dossier vieux de plus de cinq décennies qui apparaissait pour beaucoup, et depuis longtemps, comme anachronique. Cette prise de risque, de la part d’un président souvent critiqué pour son attentisme, ne survient pas par hasard. M. Obama, comme paradoxalement libéré depuis la défaite cinglante essuyée aux élections de mi-mandat, le 4 novembre 2014, a tranché sur Cuba comme il l’a fait le 20 novembre en annonçant des mesures de régularisation pour les immigrés clandestins après six années d’immobilisme.
Alors que la voie est désormais dégagée de toute échéance électorale jusqu’à son départ de la Maison Blanche, le président a eu le courage de reconnaître publiquement que la politique suivie depuis plus d’un demi-siècle par les Etats-Unis à l’égard du régime cubain, « l’isolement », n’avait pas porté ses fruits (« Cuba est toujours dirigé par les Castro et le Parti communiste arrivé au pouvoir il y a un demi-siècle ») et que le temps était venu « d’une nouvelle approche ». « Todos somos americanos » (« Nous sommes tous des Américains »), a lancé en espagnol M. Obama aux Cubains, renouant avec les accents de démiurge qui avaient marqué ses premiers mois à la Maison Blanche et qu’un sentiment de fatalisme face aux désordres du monde avait par la suite étouffés.
Gilles Paris. Le Monde. Le 18 déc. 2014. Internet: <www.lemonde.fr> (texte avec adaptations).
« M. Obama, comme paradoxalement libéré depuis la défaite cinglante essuyée aux élections de mi-mandat, le 4 novembre 2014, a tranché sur Cuba comme il l’a fait le 20 novembre en annonçant des mesures de régularisation pour les immigrés clandestins après six années d’immobilisme. »
Selon le passage ci-dessus, extrait du texte, jugez si les items sont vrais (C) ou faux (E).
La conjonction « comme » exprime une idée de cause.
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Barack Obama effectuera-t-il une visite à Cuba avant de quitter la Maison Blanche, en janvier 2017 ? Interrogé sur ce point sur ABC, mercredi 17 décembre, après l’annonce historique d’une normalisation entre les deux pays, le président des Etats-Unis ne l’a pas exclue tout en avouant que rien n’était prévu pour l’instant. « Voyons comment les choses vont évoluer », a-t-il ajouté prudemment. S’il se concrétise un jour, un tel déplacement, qui serait le premier depuis 1959, signifiera que M. Obama aura gagné le pari audacieux pris devant les Américains.
Car c’est bien un pari qu’a fait le président Obama en décidant de classer un dossier vieux de plus de cinq décennies qui apparaissait pour beaucoup, et depuis longtemps, comme anachronique. Cette prise de risque, de la part d’un président souvent critiqué pour son attentisme, ne survient pas par hasard. M. Obama, comme paradoxalement libéré depuis la défaite cinglante essuyée aux élections de mi-mandat, le 4 novembre 2014, a tranché sur Cuba comme il l’a fait le 20 novembre en annonçant des mesures de régularisation pour les immigrés clandestins après six années d’immobilisme.
Alors que la voie est désormais dégagée de toute échéance électorale jusqu’à son départ de la Maison Blanche, le président a eu le courage de reconnaître publiquement que la politique suivie depuis plus d’un demi-siècle par les Etats-Unis à l’égard du régime cubain, « l’isolement », n’avait pas porté ses fruits (« Cuba est toujours dirigé par les Castro et le Parti communiste arrivé au pouvoir il y a un demi-siècle ») et que le temps était venu « d’une nouvelle approche ». « Todos somos americanos » (« Nous sommes tous des Américains »), a lancé en espagnol M. Obama aux Cubains, renouant avec les accents de démiurge qui avaient marqué ses premiers mois à la Maison Blanche et qu’un sentiment de fatalisme face aux désordres du monde avait par la suite étouffés.
Gilles Paris. Le Monde. Le 18 déc. 2014. Internet: <www.lemonde.fr> (texte avec adaptations).
D’après l’auteur du texte,
un sentiment de fatalisme avait gagné Obama renforçant l’enthousiame qui a caractérisé son premier mandat.
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Artisan d’une langue classique, précise et sobre, distincte du créole employé au Cap-Vert, en Guinée-Bissau et en Guinée-Equatoriale, mais cousine du portugais chaud et épicé parlé en Angola et au Brésil, Couto en revendique l’usage avec beaucoup d’humilité. « Le portugais mozambicain — ou encore, en ce moment, le portugais du Mozambique — est lui-même un lieu de conflits et d’ambiguïtés. L’adhésion mozambicaine à la lusophonie est chargée de réserves, de refus apparents, d’approbations méfiantes », expliquait-il en 2001 à l’occasion d’un discours prononcé à l’université de Faro, au Portugal. António Emílio Leite Couto, surnommé Mia lorsqu’il était enfant parce qu’il aimait les chats, affectionne les positions défavorables et les contradictions productrices de sens. Il poursuit: « Je suis un Blanc qui est africain; un athée non pratiquant; un poète qui écrit en prose; un homme qui a un nom de femme; un scientifique qui a peu de certitudes sur la science; un écrivain en terre d’oralité. » (...) « J’appartiens à une tribu quasiment éteinte. Nous sommes aujourd’hui deux à trois mille. » A la lecture de son oeuvre, on comprend que ces considérations ethniques lui importent peu, car pour lui « chaque homme est une race », et c’est sans doute là son unique doctrine politique. (...)
En 1975, plus de 80% des habitants ne parlaient pas le portugais; ils seraient encore 60% aujourd’hui. En songeant à la proximité de l’Afrique du Sud, du Zimbabwe, de la Zambie et de la Tanzanie anglophones, les responsables du Front de libération du Mozambique (Frelimo) avaient été tentés d’adopter l’anglais comme langue officielle pour effacer toute trace de la présence portugaise. Lors du premier congrès du mouvement nationaliste, en 1962, cette question fut débattue. La décision (rédigée en anglais...) de faire du portugais un véhicule de communication entre les diverses ethnies et une langue d’unification du pays signa la transformation revendiquée d’un instrument de domination coloniale en son contraire. « Le portugais a été adopté non pas comme un héritage, mais comme le plus important trophée de guerre », observe Couto, faisant écho au mot fameux de l’écrivain algérien Kateb Yacine: « La langue française a été et reste un butin de guerre. » C’est ainsi que « le gouvernement mozambicain a plus fait pour la langue portugaise que des siècles de colonisation, pour son propre intérêt national, pour la défense de la cohésion interne, pour la construction de sa propre intériorité ». (...)
En 1975, quarante et une de ces langues indigènes furent reconnues « langues nationales » par la Constitution nouvelle, le portugais ayant été retenu comme « langue officielle ». (...) L’oeuvre de Couto est née dans ce champ magnétique linguistique inédit: l’idiome portugais n’est pas la langue des Mozambicains, il est la langue de la « mozambicanité ». Une utopie? Le pays en avait besoin au terme de la guerre civile, qui a duré de 1976 à 1992 et fait un million de morts. (...)
Accompagnant la naissance d’une nation dont il a voulu qu’elle grandisse comme un poème, Couto a entrepris de « mozambicaner » le portugais, comme Mário de Andrade et les modernistes de São Paulo l’avaient « brésilianisé » dans le premier quart du XXe siècle, afin d’inventer un imaginaire politique et littéraire autochtone. (…)
Avec des mots qu’il semble redécouvrir à chaque fois qu’il tape une lettre sur son clavier, cet écrivain a le don de rendre sensible la relation entre les hommes et la terre, concrets les rêves des enfants et presque supportable le poids du malheur. « J’écris pour être heureux. La poétesse portugaise Sophia de Mello Breyner racontait des histoires pour que ses enfants souffrants s’endorment. J’écris pour endormir un monde qui me paraît souffrant. Et ainsi j’invente des histoires. ».(...)
Sébastien Lapaque. L’interprète du Mozambique. In: Le Monde diplomatique, février 2015. (adapté).
Pour le texte, jugez si le item sont vrai (C) ou faux (E).
« au terme de » veut dire vers la fin de.
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Artisan d’une langue classique, précise et sobre, distincte du créole employé au Cap-Vert, en Guinée-Bissau et en Guinée-Equatoriale, mais cousine du portugais chaud et épicé parlé en Angola et au Brésil, Couto en revendique l’usage avec beaucoup d’humilité. « Le portugais mozambicain — ou encore, en ce moment, le portugais du Mozambique — est lui-même un lieu de conflits et d’ambiguïtés. L’adhésion mozambicaine à la lusophonie est chargée de réserves, de refus apparents, d’approbations méfiantes », expliquait-il en 2001 à l’occasion d’un discours prononcé à l’université de Faro, au Portugal. António Emílio Leite Couto, surnommé Mia lorsqu’il était enfant parce qu’il aimait les chats, affectionne les positions défavorables et les contradictions productrices de sens. Il poursuit: « Je suis un Blanc qui est africain; un athée non pratiquant; un poète qui écrit en prose; un homme qui a un nom de femme; un scientifique qui a peu de certitudes sur la science; un écrivain en terre d’oralité. » (...) « J’appartiens à une tribu quasiment éteinte. Nous sommes aujourd’hui deux à trois mille. » A la lecture de son oeuvre, on comprend que ces considérations ethniques lui importent peu, car pour lui « chaque homme est une race », et c’est sans doute là son unique doctrine politique. (...)
En 1975, plus de 80% des habitants ne parlaient pas le portugais; ils seraient encore 60% aujourd’hui. En songeant à la proximité de l’Afrique du Sud, du Zimbabwe, de la Zambie et de la Tanzanie anglophones, les responsables du Front de libération du Mozambique (Frelimo) avaient été tentés d’adopter l’anglais comme langue officielle pour effacer toute trace de la présence portugaise. Lors du premier congrès du mouvement nationaliste, en 1962, cette question fut débattue. La décision (rédigée en anglais...) de faire du portugais un véhicule de communication entre les diverses ethnies et une langue d’unification du pays signa la transformation revendiquée d’un instrument de domination coloniale en son contraire. « Le portugais a été adopté non pas comme un héritage, mais comme le plus important trophée de guerre », observe Couto, faisant écho au mot fameux de l’écrivain algérien Kateb Yacine: « La langue française a été et reste un butin de guerre. » C’est ainsi que « le gouvernement mozambicain a plus fait pour la langue portugaise que des siècles de colonisation, pour son propre intérêt national, pour la défense de la cohésion interne, pour la construction de sa propre intériorité ». (...)
En 1975, quarante et une de ces langues indigènes furent reconnues « langues nationales » par la Constitution nouvelle, le portugais ayant été retenu comme « langue officielle ». (...) L’oeuvre de Couto est née dans ce champ magnétique linguistique inédit: l’idiome portugais n’est pas la langue des Mozambicains, il est la langue de la « mozambicanité ». Une utopie? Le pays en avait besoin au terme de la guerre civile, qui a duré de 1976 à 1992 et fait un million de morts. (...)
Accompagnant la naissance d’une nation dont il a voulu qu’elle grandisse comme un poème, Couto a entrepris de « mozambicaner » le portugais, comme Mário de Andrade et les modernistes de São Paulo l’avaient « brésilianisé » dans le premier quart du XXe siècle, afin d’inventer un imaginaire politique et littéraire autochtone. (…)
Avec des mots qu’il semble redécouvrir à chaque fois qu’il tape une lettre sur son clavier, cet écrivain a le don de rendre sensible la relation entre les hommes et la terre, concrets les rêves des enfants et presque supportable le poids du malheur. « J’écris pour être heureux. La poétesse portugaise Sophia de Mello Breyner racontait des histoires pour que ses enfants souffrants s’endorment. J’écris pour endormir un monde qui me paraît souffrant. Et ainsi j’invente des histoires. ».(...)
Sébastien Lapaque. L’interprète du Mozambique. In: Le Monde diplomatique, février 2015. (adapté).
Pour le texte, jugez si le item sont vrai (C) ou faux (E).
« Lors » pourrait être remplacé par Lorsque sans rien changer à la phrase.
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Artisan d’une langue classique, précise et sobre, distincte du créole employé au Cap-Vert, en Guinée-Bissau et en Guinée-Equatoriale, mais cousine du portugais chaud et épicé parlé en Angola et au Brésil, Couto en revendique l’usage avec beaucoup d’humilité. « Le portugais mozambicain — ou encore, en ce moment, le portugais du Mozambique — est lui-même un lieu de conflits et d’ambiguïtés. L’adhésion mozambicaine à la lusophonie est chargée de réserves, de refus apparents, d’approbations méfiantes », expliquait-il en 2001 à l’occasion d’un discours prononcé à l’université de Faro, au Portugal. António Emílio Leite Couto, surnommé Mia lorsqu’il était enfant parce qu’il aimait les chats, affectionne les positions défavorables et les contradictions productrices de sens. Il poursuit: « Je suis un Blanc qui est africain; un athée non pratiquant; un poète qui écrit en prose; un homme qui a un nom de femme; un scientifique qui a peu de certitudes sur la science; un écrivain en terre d’oralité. » (...) « J’appartiens à une tribu quasiment éteinte. Nous sommes aujourd’hui deux à trois mille. » A la lecture de son oeuvre, on comprend que ces considérations ethniques lui importent peu, car pour lui « chaque homme est une race », et c’est sans doute là son unique doctrine politique. (...)
En 1975, plus de 80% des habitants ne parlaient pas le portugais; ils seraient encore 60% aujourd’hui. En songeant à la proximité de l’Afrique du Sud, du Zimbabwe, de la Zambie et de la Tanzanie anglophones, les responsables du Front de libération du Mozambique (Frelimo) avaient été tentés d’adopter l’anglais comme langue officielle pour effacer toute trace de la présence portugaise. Lors du premier congrès du mouvement nationaliste, en 1962, cette question fut débattue. La décision (rédigée en anglais...) de faire du portugais un véhicule de communication entre les diverses ethnies et une langue d’unification du pays signa la transformation revendiquée d’un instrument de domination coloniale en son contraire. « Le portugais a été adopté non pas comme un héritage, mais comme le plus important trophée de guerre », observe Couto, faisant écho au mot fameux de l’écrivain algérien Kateb Yacine: « La langue française a été et reste un butin de guerre. » C’est ainsi que « le gouvernement mozambicain a plus fait pour la langue portugaise que des siècles de colonisation, pour son propre intérêt national, pour la défense de la cohésion interne, pour la construction de sa propre intériorité ». (...)
En 1975, quarante et une de ces langues indigènes furent reconnues « langues nationales » par la Constitution nouvelle, le portugais ayant été retenu comme « langue officielle ». (...) L’oeuvre de Couto est née dans ce champ magnétique linguistique inédit: l’idiome portugais n’est pas la langue des Mozambicains, il est la langue de la « mozambicanité ». Une utopie? Le pays en avait besoin au terme de la guerre civile, qui a duré de 1976 à 1992 et fait un million de morts. (...)
Accompagnant la naissance d’une nation dont il a voulu qu’elle grandisse comme un poème, Couto a entrepris de « mozambicaner » le portugais, comme Mário de Andrade et les modernistes de São Paulo l’avaient « brésilianisé » dans le premier quart du XXe siècle, afin d’inventer un imaginaire politique et littéraire autochtone. (…)
Avec des mots qu’il semble redécouvrir à chaque fois qu’il tape une lettre sur son clavier, cet écrivain a le don de rendre sensible la relation entre les hommes et la terre, concrets les rêves des enfants et presque supportable le poids du malheur. « J’écris pour être heureux. La poétesse portugaise Sophia de Mello Breyner racontait des histoires pour que ses enfants souffrants s’endorment. J’écris pour endormir un monde qui me paraît souffrant. Et ainsi j’invente des histoires. ».(...)
Sébastien Lapaque. L’interprète du Mozambique. In: Le Monde diplomatique, février 2015. (adapté).
Pour le texte, jugez si le item sont vrai (C) ou faux (E).
« En songeant » pourrait être remplacé par En pensant sans changer le sens de phrase.
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Artisan d’une langue classique, précise et sobre, distincte du créole employé au Cap-Vert, en Guinée-Bissau et en Guinée-Equatoriale, mais cousine du portugais chaud et épicé parlé en Angola et au Brésil, Couto en revendique l’usage avec beaucoup d’humilité. « Le portugais mozambicain — ou encore, en ce moment, le portugais du Mozambique — est lui-même un lieu de conflits et d’ambiguïtés. L’adhésion mozambicaine à la lusophonie est chargée de réserves, de refus apparents, d’approbations méfiantes », expliquait-il en 2001 à l’occasion d’un discours prononcé à l’université de Faro, au Portugal. António Emílio Leite Couto, surnommé Mia lorsqu’il était enfant parce qu’il aimait les chats, affectionne les positions défavorables et les contradictions productrices de sens. Il poursuit: « Je suis un Blanc qui est africain; un athée non pratiquant; un poète qui écrit en prose; un homme qui a un nom de femme; un scientifique qui a peu de certitudes sur la science; un écrivain en terre d’oralité. » (...) « J’appartiens à une tribu quasiment éteinte. Nous sommes aujourd’hui deux à trois mille. » A la lecture de son oeuvre, on comprend que ces considérations ethniques lui importent peu, car pour lui « chaque homme est une race », et c’est sans doute là son unique doctrine politique. (...)
En 1975, plus de 80% des habitants ne parlaient pas le portugais; ils seraient encore 60% aujourd’hui. En songeant à la proximité de l’Afrique du Sud, du Zimbabwe, de la Zambie et de la Tanzanie anglophones, les responsables du Front de libération du Mozambique (Frelimo) avaient été tentés d’adopter l’anglais comme langue officielle pour effacer toute trace de la présence portugaise. Lors du premier congrès du mouvement nationaliste, en 1962, cette question fut débattue. La décision (rédigée en anglais...) de faire du portugais un véhicule de communication entre les diverses ethnies et une langue d’unification du pays signa la transformation revendiquée d’un instrument de domination coloniale en son contraire. « Le portugais a été adopté non pas comme un héritage, mais comme le plus important trophée de guerre », observe Couto, faisant écho au mot fameux de l’écrivain algérien Kateb Yacine: « La langue française a été et reste un butin de guerre. » C’est ainsi que « le gouvernement mozambicain a plus fait pour la langue portugaise que des siècles de colonisation, pour son propre intérêt national, pour la défense de la cohésion interne, pour la construction de sa propre intériorité ». (...)
En 1975, quarante et une de ces langues indigènes furent reconnues « langues nationales » par la Constitution nouvelle, le portugais ayant été retenu comme « langue officielle ». (...) L’oeuvre de Couto est née dans ce champ magnétique linguistique inédit: l’idiome portugais n’est pas la langue des Mozambicains, il est la langue de la « mozambicanité ». Une utopie? Le pays en avait besoin au terme de la guerre civile, qui a duré de 1976 à 1992 et fait un million de morts. (...)
Accompagnant la naissance d’une nation dont il a voulu qu’elle grandisse comme un poème, Couto a entrepris de « mozambicaner » le portugais, comme Mário de Andrade et les modernistes de São Paulo l’avaient « brésilianisé » dans le premier quart du XXe siècle, afin d’inventer un imaginaire politique et littéraire autochtone. (…)
Avec des mots qu’il semble redécouvrir à chaque fois qu’il tape une lettre sur son clavier, cet écrivain a le don de rendre sensible la relation entre les hommes et la terre, concrets les rêves des enfants et presque supportable le poids du malheur. « J’écris pour être heureux. La poétesse portugaise Sophia de Mello Breyner racontait des histoires pour que ses enfants souffrants s’endorment. J’écris pour endormir un monde qui me paraît souffrant. Et ainsi j’invente des histoires. ».(...)
Sébastien Lapaque. L’interprète du Mozambique. In: Le Monde diplomatique, février 2015. (adapté).
Pour le texte, jugez si le item sont vrai (C) ou faux (E).
« quasiment » pourrait être remplacé par presque sans changer le sens de la phrase.
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